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LIVRES ET MULTIMÉDIA
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James Noël fait découvrir son art de poète dans les collèges du 92 (CP : CG92).
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Poésie caribéenne, « une fête à la santé des mots »
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Le collège Alfred de Vigny de Courbevoie accueille un poète haïtien. Reportage.
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Vendredi 26 octobre 2007, une classe entière recevait l’une des valeurs montantes de la poésie caribéenne : James Noël. Quand il intervient dans un collège, il sait faire partager son amour des mots.
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Pour amorcer le dialogue avec la classe, James Noël commence à raconter son parcours. Il explique comment il est devenu poète, comment il est devenu « quelqu’un qui a une responsabilité vis-à-vis des mots.»
Le déclic s’est produit alors qu’il était au collège. Lors d’un cours de français, il a griffonné quelques vers sur une feuille et les a signés… Victor Hugo. Ses camarades ont trouvé le texte excellent jusqu’à ce qu’il révèle la supercherie : « ça m’a ôté tous complexes pour écrire.»
Il évoque aussi ce professeur de français qui lui a ouvert sa bibliothèque, l’a invité à découvrir Léo ferré, George Brassens, Aimé Césaire, Baudelaire et Eluard. « Je veux leur faire comprendre qu’il n’y a pas moyen d’écrire sans avoir beaucoup lu » expliquera-t-il ensuite.

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« Laisse-moi te savonner les pieds jusqu’à ce que la nuit fasse mousser le jour ». Commençant par le premier texte qui l’a fait connaître, "La bonne nouvelle", James Noël lit alors quelques vers.
Son public est touché par l’humour, l’originalité et l’efficacité de ses phrases. « On sent qu’il est habité par sa poésie, il en parle avec sincérité, avec un langage qu’ils comprennent aisément.»
Catherine Duguet, l’enseignante de français, est satisfaite : « son approche est intéressante pour les élèves, elle n’est pas du tout scolaire. »
Commence alors une courte séance de questions. Les réponses du poète sont parfois drôles, souvent profondes, mais jamais convenues. « Quel est le poème que vous préférez ? » interroge ainsi Aurélien. « Celui que je n’ai pas encore écrit, répond James. Mes poèmes, je les ai accouchés et on ne demande pas à une mère quel enfant elle préfère.»
Julie lève alors le doigt : « vous écrivez tous les jours ? » Le poète sourit : « Non et heureusement. Je n’écris que quand j’étouffe, quand ça va trop mal ou trop bien. Ecrire c’est un acte physique, comme l’urgence d’aller aux toilettes ! » Rires.
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La première heure de l’intervention est passée, il est temps de faire « un jeu, une fête à la santé des mots. » James Noël demande à deux élèves de choisir chacun un terme au hasard dans le dictionnaire. Le sort désigne « jaune » et « prison ».
Chacun doit alors s’inspirer d’un des mots – ou des deux - pour écrire quelques lignes : « vous avez ici deux mots, deux mondes à creuser, à habiter. » Son objectif à travers cet exercice ? « Les amener à commettre des mots et leur montrer que l’écriture est accessible à tous. »
Un objectif largement atteint : au bout de 30 petites minutes de cogitation, tous ont un texte à lire à voix haute. En voici un, très apprécié : « Les feuilles sont jaunes quand elles sont mortes. Je ne veux pas devenir jaune pour ne pas mourir par la racine.»
Le poète écoute avec attention, s’enthousiasme et applaudit avec la classe les meilleures productions.
« Il y trois jours, j’étais dans un collège, confie-t-il. L’un des enfants, considéré comme le cancre de l’établissement, est apparu brillant à travers son texte et ses questions. Certains élèves se révèlent à travers l’art et la poésie. »
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